Devons-nous impérativement manger de la viande pour fortifier notre corps en sang et en énergie ?

L’homme doit se nourrir, c’est un besoin. Toutes les civilisations n’ont eu de cesse de  rechercher des aliments permettant de les garder en vie et de les fortifier. En chine, c’est en étudiant la saveur et la nature de chaque aliment qu’ils ont pu mettre en place des tableaux précis d’aliments en corrélation avec les différents maux qui pouvaient affecter leur santé.

Les grands livres classiques de médecine traditionnelle chinoise ont définis le rôle des aliments et de la « bonne alimentation » dans le respect de la nature, des éléments et de leur corps. De nombreux conseils de base sont venus enrichir chaque texte avant que petit à petit le classement des aliments fasse place à des traitements spécifiques en vu de tonifier ou de disperser des agressions externes. C’est ainsi que la nourriture est petit à petit devenu une diétothérapie.

Riche de ses milliers années d’expérience, la diététique est donc rapidement passée de la simple nutrition à une utilisation des aliments en fonction de leur pouvoir thérapeutique. Elle permet d’accompagner le patient malade pour aider son organisme à retrouver un équilibre et expulser le « pervers » (nous appelons ici « pervers » tout ce qui pourrait pénétrer le corps et créer une pathologie). Les règles de base de la « diétothérapie » chinoise sont simples et logiques, elles sont constamment bâties sur un respect de la nature dans laquelle l’homme doit se fonre.

Diétothérapie chinoise : une sagesse millénaire

Le médecin nutritionniste doit orienter ses patients vers une recherche d’alimentation adaptée, contrôlée, conforme à leur typologie, à leurs forces et à leurs faiblesses. La nourriture ne doit « jamais être trop grasse » dit le NEI JING, on ne doit « jamais trop boire » (nous en reparlerons dans un article consacré à l’eau et à sa consommation), on ne doit jamais « trop manger » (c’est la physiologie de la digestion dans la médecine traditionnelle chinoise qui nous fait comprendre qu’il ne faut pas alourdir la charge de travail de l’estomac en lui laissant toujours suffisamment de place pour travailler : ne pas le « remplir » complètement en mangeant démesurément). Le NEI JING conseille aussi de manière très claire de ne « pas trop consommer de médicament ». Cela parait surprenant que dans des temps si ancien, le médecin chinois se souciait déjà de la surconsommation de médicaments (ce sont les formulations de pharmacopée à base de plantes qui étaient considérées alors comme des médicaments). Cette vision prémonitoire de la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui est intéressante et donne encore plus de crédit à son discours. Pour les médecins chinois, c’est la « toxicité » des médicaments qui pose problème à notre corps et la difficulté que l’organisme éprouve à se nettoyer de ces toxines après la maladie. L’alimentation doit donc intervenir en première ligne de manière à réguler le corps, l’aider à se défendre, l’aider à combattre le « pervers », l’aider à se débarrasser des problèmes avant que l’on ait besoin d’un médicament « soutien » qui ne doit être prescrit qu’en dernier recours.

Cette sagesse millénaire est incroyablement d’actualité et nous devrions y revenir rapidement si nous ne voulons pas que nos maladies ne soient pas engendrées directement par la chimie qui envahit  notre corps via les médicamente de notre industrie pharmaceutique boulimique.

Les toniques de l’énergie

Les plus grands toniques alimentaires de la diététique chinoise sont destinés à soutenir les 4 déficiences que sont : le vide d’énergie, le vide du sang, le vide de Yang ou le vide de Yin. Le sujet de notre réflexion est de connaitre la meilleure manière de soutenir notre corps en termes d’énergie et de sang. La diététique chinoise met en avant la viande de bœuf, le foie de génisse ou de veau comme fortifiant de ces déficiences.

Mais peut-on trouver d’autres pistes ?

De nature neutre et de saveur douce. Le foie de génisse et  le foie de veau sont des grands toniques du sang puisqu’ils nourrissent le sang en tonifiant le foie. La viande de bœuf en général peut être une bonne indication en cas de vide d’énergie ou de sang. Cependant la question se pose aujourd’hui de l’intérêt, non seulement nutritionnel mais aussi écologique, de consommer de la viande. Notre corps et surtout notre organisme en général n’en a pas le besoin. Et même si certains crient au scandale en prétendant qu’il est indispensable pour l’être humain de consommer de la viande pour ses vitamines et ses protéines, cela est faux et nous sommes tout à fait capable de récupérer notre dose de vitamines et de protéines avec des aliments végétaux.

Réflexion sur la viande

De plus en plus d’études scientifiques prouvent aujourd’hui largement les effets néfastes de la viande et des produits laitiers sur notre corps. De nombreuses maladies sont directement liées à notre surconsommation de produits animaux et notre planète souffre de cette consommation. L’élevage des animaux en batterie pose d’énormes problèmes d’écologie par le rejet des excréments des animaux. La nourriture nécessaire pour les animaux accélère la déforestation mondiale pour planter du soja ou du mais dont les récoltes vont directement nourrir nos animaux d’élevage. Les animaux sont incarcérés dans des entrepôts sans jamais voir le jour, sans sortir à l’extérieur et encore moins courir dans la nature. Ils sont malades, régulièrement piqués avec des antibiotiques et des vaccins qui se retrouvent inéluctablement dans la viande que nous consommons. Non seulement nous y retrouvons les produits chimiques qui leur sont prescris en surdose mais nous récupérons forcément  le stress qu’ils subissent par leurs mauvaises conditions de vie et leur mise à mort atroce.

Comme pour les paquets de cigarette sur lesquels des photos ont été apposées pour dissuader leur consommation, nous devrions faire des photos des animaux. Nous devrions retrouver sur les barquettes des supermarchés ou même dans notre assiette au restaurant le nom de l’animal, sa photo, son lieu de vie particulièrement scandaleux dans 95% des cas, sa nourriture décrite clairement avec les doses de pesticides et autres traitements chimiques, les  médicaments, les mélanges parfois douteux (il nous suffit de penser aux anciennes farines animales qui sont en train de revenir progressivement sur le marché après leur interdiction du à l’émergence de maladie de Creutzfeldt-Jacob : la fameuse « vache folle »). Ajoutons aussi des photos sur le transport vers les abattoirs, des photos sur les tueries pratiquées dans ses abattoirs inhumains.

Mangerions-nous encore la viande après toutes ces images ?  Peut-être !!!  Un grand nombre de personnes sont très friands de cette nourriture et pensent encore à tord qu’elle est indispensable à leur santé. Cependant, nous n’allons  pas arrêter du jour au lendemain cette consommation (cette « surconsommation » !!) de produits animaux, il nous faut simplement la réduire et notre  corps nous en sera reconnaissant. La planète et les terre agricoles récupérables du même coup permettront alors de nourrir bien  plus de personnes dans ce monde en y plantant des céréales.

Quelques chiffres déjà à méditer :

Un Américain mange 130kg de viande par personne et par an. (90 kg en Europe dont environ 35% de porc 22% de volailles et 23%de bovins)

Entre 7 et 13 ans, les petits américains mangent en moyenne un hamburger par jour.

Un nouveau « Mac DO » ouvre toute les 17 heures et entraine 125km2 de forêt humide en désertification pour produire les céréales qui nourriront les animaux nécessaire pour avoir les steaks dans les hamburgers

80% des gens mangent de la viande ou du poisson ou des œufs tous les jours contre seulement 10 % qui mangent des fruits tous les jours

10 à 16 kg de céréales ou autres produits végétaux pour produire 1kg de viande.

50 000 litres d’eau pour 1kg de viande contre 800 litres pour 1kg de blé. 73 % de la consommation mondiale d’eau va vers l’élevage et l’agriculture industrielle. 50% uniquement pour l’élevage.

50% des récoltes alimentaires du monde sont englouties par les animaux et près de 70% de la surface agricole leur est consacrée.

5000m2 de terre cultivable pour faire 70 kg de bœuf ou 10000 kg de pommes de terre.

Etc. etc. etc.….. N’en jetez plus !

Les alternatives à la viande

Heureusement de nombreux aliments peuvent être intéressants pour pallier à une consommation excessive de viande et apporter la dose de protéines nécessaire pour notre organisme.

Le raisin

De nature neutre et de saveur douce, voir un peu acide. Il est à consommer en jus, en compote ou en fruit. C’est le plus grand tonique du sang et de l’énergie mais il doit être d’une qualité irréprochable sans pesticides et sans traitements. Surtout que nous mangeons régulièrement la peau qui est la partie des fruits la plus sensible, celle qui reçoit et conserve les traitements chimiques (tout comme celle des légumes d’ailleurs !). Aujourd’hui, nous entendons souvent parler de la « cure de raisin » et de nombreux livres existent pour parler de cette thérapie qui n’est pas anodine et qu’il est possible de faire même si la diététique taoïste ne préconise pas trop les cures si ce n’est pour des cas bien précis. La cure doit être faite avec du raisin NOIR et il faut faire cette cure avec un raisin BIO et FRAIS. FRAIS signifie bien « de saison », « proche de chez soi » et « non traité ».

Le Jaune d’œuf

Il est à consommer cru, voir cuit (mais sans graisse ajoutée !). Nous ne parlons que du jaune qui est considéré par la diététique chinoise comme un aliment doux et de nature neutre, voir tiède. Le jaune d’œuf a une action plus spécifique sur les organes REIN et CŒUR (En médecine chinoise c’est l’axe SHAOYIN, ou axe vertical, dans lequel circule le grand méridien extraordinaire appelé CHONGMAI. Le CHONGMAI est aussi appelé la « mer su sang »). Le jaune d’œuf « nourrit le sang du cœur par vide de yin ou de sang du cœur » et il « nourrit le yin des reins ». Tout comme le raisin, l’œuf doit être d’une exceptionnelle qualité et frais (de préférence « de la journée »). Les œufs du commerce proviennent des élevages en batterie dans lesquels la poule stressée, traitée, humiliée, séquestrée, maltraitée produit un œuf d’une qualité discutable. Choisissez des œufs en provenance de poules fermières courant régulièrement à l’extérieur et nourrit avec des produits issues de l’agriculture biologique.

Les épinards

Il faut les manger cuits. Ils sont de saveur douce et de nature fraîche. Ils sont indiqués pour avoir une bonne indication pour  l’estomac, le foie et le gros intestin. Les épinards sont « nourrissants » en particulier du yin et du sang en clarifiant le foie. Le foie, qui a toujours tendance à être trop chaud, va perdre son Yin en s’échauffant continuellement. Le Yin du foie s’épuise et le sang du foie va faire de même. Les épinards sont un bon soutien dans ce cas. Notons aussi que les épinards auront une action intéressante pour le reste des liquides organiques (ils humectent le corps et clarifie généralement la chaleur interne). Tous les organes y trouve leur compte par cet apport de YIN (liquides tant nécessaire au corps) de l’estomac jusqu’à la bonne humification des intestins en fin de course (attention du coup aux personnes sujettes aux diarrhées ou ayant régulièrement des selles molles, les épinards seront à éviter).

La pomme de terre et la patate douce

Elle de nature neutre et de saveur douce. Elle est d’un grand soutien pour les organes Estomac, rate et pancréas. La diététique chinoise l’utilise pour « tonifier le centre, lubrifier les intestins et calmer les inflammations ». Elle doit impérativement être consommée cuite bien entendu  sans graisse. Les bienfaits de la pomme de terre seront plus important en respectant une méthode de cuisson douce (vapeur par exemple) et non pas en cuisson dans des bains d’huiles comme pour les frites.

Incontestablement, c’est la patate douce que nous devrions choisir pour ses vertus bien plus intéressantes pour renforcer notre énergie en dopant les organes de digestion que sont la rate, le pancréas et l’estomac.

Les autres toniques

Aux aliments cités ci-dessus nous pouvons en ajouter bien d’autres et en particulier les céréales et les légumineuses. Nous savons aujourd’hui, par de multiples études sur le sujet, que le mélange de ces deux groupes d’aliment permet un apport en protéine largement supérieur à la viande et aux produits animaux. Nous retrouvons dans beaucoup de mets anciens ces mélanges qui permettait l’apport de tous les acides aminés essentiels à l’organisme et aux protéines indispensable pour nous fortifier : dans le couscous par exemple par le mélange de la semoule et des pois chiches. Les céréales doivent être le plus complètes possibles et issues de l’agriculture biologique pour s’assurer d’une qualité et surtout d’une vitalité irréprochable. De nombreuses céréales ont été oubliés dans notre mode de vie et nous devrions rapidement retourner vers elles pour leurs bienfaits : millet, orge, quinoa…

Nous avons parlé des féculents en évoquant la pomme de terre et la patate douce mais il ne faudrait pas oublier le potiron, les fèves, les lentilles, les haricots blanc, les haricots rouges, les graines de soja…

Nous n’avons pas parlé non plus des légumes qui sont une source inépuisable d’énergie s’ils sont de bonne qualité (agriculture biologique évidemment mais aussi « de saison », proche de chez soi, le plus frais, possible, cuits à la vapeur…) : carotte, céleri, céleri rave, chou, navet, topinambour, radis, betterave, oignon, champignons, poireau, poivron sont autant d’exemple de légumes racines permettant un ancrage de notre corps à la terre et une source indispensable de son énergie.

Nous pourrions aussi faire la part belle aux fruits secs comme les amandes, les noisettes, les noix.

Voilà quelques pistes permettant déjà une recherche d’alimentation tonifiante pour l’énergie et le sang. Souvenons-nous qu’il est nécessaire de choisir à la fois des aliments régénérateurs et fortifiant mais qui ne doivent pas non plus être trop fatiguant pour l’organisme et pour la digestion. La cuisson doit être neutre (vapeur par exemple).

Conclusion

Sans éliminer totalement la viande, la consommation réduite et sérieuse de viande est incontestablement un apport d’énergie et un reconstituant de notre sang. Là encore il faut impérativement privilégier les viandes proches de chez nous, nourrit avec des produits sains, élevé dans un environnement naturel, sain, extérieur et propre. Les poulets fermiers que nous iront chercher directement chez le producteurs de proximité, les œufs frais de la ferme biologique proche de chez soi sont gages de nombreuses vertus pour notre corps et notre esprit.

Pour finir, il est indispensable que les repas soient pris dans une ambiance saine et sereine, sans prise de tête, sans engueulades, sans télévisons (50 % des gens mangent devant le télévisons et 17% dès le petit déjeuner).

L’OMS considère qu’en mangeant plus sainement, mais surtout  en mangeant moins de viandes, c’est-à-dire moins d’acides gras saturés (viandes, œufs, laitages) et en pratiquant une activité physique régulière, nous pouvons réduire de 40 % les cancers, de 22 % les maladies cardio-vasculaires et de 25 à 66% le diabète.

Respectons la nourriture, respectons la planète, l’environnement, soyons responsable, respectons notre corps, il le réclame, écoutons le !

©Jean-Marc Triboulet Novembre 2011
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